SIBO, IMO, SIFO, LIBO : les types de dysbiose intestinales

  • 15 mars

SIBO, IMO, SIFO, LIBO : les types de dysbiose intestinales

  • Joris Vanlerberghe
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Ballonnements, gaz, douleurs abdominales ou constipation peuvent être liés à une dysbiose intestinale. Découvrez les différences entre SIBO, IMO, SIFO et LIBO.

Ballonnements, gaz, douleurs abdominales ou troubles du transit : et si ces symptômes chroniques étaient liés à un déséquilibre profond de votre microbiote ? L’étude parue dans Microorganisms en 2023 explore en détail les quatre grandes formes de proliférations microbiennes intestinales : SIBO, LIBO, SIFO et IMO. Zoom sur ces pathologies digestives souvent ignorées mais pourtant bien réelles.

Comprendre le microbiote intestinal et la dysbiose

Le microbiote intestinal représente l’ensemble des micro-organismes qui peuplent notre tube digestif. Il comprend des bactéries, mais aussi des champignons, des virus et des archées. Ce microbiote est essentiel à notre santé : il aide à digérer, à produire des vitamines, à protéger contre les agents pathogènes et à réguler notre système immunitaire.

Lorsque cet équilibre est rompu, on parle de dysbiose. Cette altération peut se manifester sous plusieurs formes, dont les plus connues aujourd’hui sont :

  • SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) : excès de bactéries dans l’intestin grêle

  • LIBO (Large Intestinal Bacterial Overgrowth) : excès de bactéries dans le côlon

  • SIFO (Small Intestinal Fungal Overgrowth) : prolifération de champignons dans l’intestin grêle

  • IMO (Intestinal Methanogen Overgrowth) : prolifération d’archées méthanogènes dans l’intestin

  • ISO (Intestinal Sulfide Overgrowth) : prolifération de bactéries produisant de l'H2S dans l'intestin.

Ces cinq formes constituent les principaux types de dysbiose intestinales pouvant générer des troubles digestifs chroniques.


SIBO : quand les bactéries colonisent l’intestin grêle

Le SIBO se définit par la présence anormale de bactéries coliques dans l’intestin grêle, avec une concentration dépassant 10⁵ CFU/mL. Cela perturbe l’absorption des nutriments et provoque :

  • Ballonnements

  • Douleurs abdominales

  • Flatulences

  • Diarrhée ou constipation

  • Malabsorption, carences, anémie

Les causes principales du SIBO incluent :

  • Une faible pression de la valve iléo-caecale

  • Une hyperperméabilité intestinale (LPS)

  • Des anomalies hormonales (ghréline, leptine)

  • Des maladies associées : syndrome de l’intestin irritable (SII), MICI, hypothyroïdie, diabète, etc.

Diagnostic : test respiratoire au glucose ou lactulose, ou culture de l’aspirat jéjunal.

Traitement : antibiotiques (rifaximine, métronidazole, ciprofloxacine…), diète pauvre en FODMAP, parfois prise en charge du microbiote avec des probiotiques ou transplantations fécales (efficacité encore incertaine).

Article complet à lire :SIBO, causes et traitements


LIBO : une hypothèse encore floue, mais plausible

Le LIBO, ou prolifération bactérienne dans le côlon, n’est pas encore bien défini scientifiquement. Toutefois, certaines situations peuvent entraîner une dysbiose sévère dans le côlon :

  • Prise d’antibiotiques à large spectre

  • Préparation colique avant coloscopie

  • Régime alimentaire occidental ou riche en oméga-6

  • Colonisation excessive par les Enterobacteriaceae ou Streptococcus

Les symptômes peuvent ressembler à ceux du SIBO : douleurs, ballonnements, diarrhée, fatigue.
L’étude évoque aussi la présence possible de champignons dans les cas de polypes ou de cancer colorectal.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour définir clairement le LIBO et développer des outils diagnostiques et thérapeutiques.


SIFO : la prolifération fongique méconnue

Le SIFO est une prolifération excessive de champignons (notamment Candida albicans) dans l’intestin grêle. Elle provoque :

  • Diarrhées fréquentes (jusqu’à 10/jour)

  • Mucus dans les selles

  • Ballonnements

  • Douleurs digestives

Les populations à risque sont bien identifiées :

  • Immunodéprimés (HIV, chimiothérapie, diabète)

  • Traitements prolongés par antibiotiques, corticoïdes, IPP

Mais l’étude montre que même des personnes en bonne santé peuvent souffrir de SIFO, sans qu’on sache encore pourquoi.

Diagnostic : culture de l’aspirat duodénal avec plus de 10³ CFU/mL de levures.

Traitement : antifongiques comme le fluconazole ou la nystatine, adaptés à la souche identifiée. Cependant, il n’existe pas encore de recommandations standardisées.

Article complet à lire : SIFO causes et traitement


IMO : un excès d’archées productrices de méthane

L’Intestinal Methanogen Overgrowth (IMO) est une forme distincte de dysbiose. Ce ne sont pas des bactéries mais des archées (notamment Methanobrevibacter smithii) qui se développent en excès, principalement dans l’intestin grêle ou le côlon.

Ces archées utilisent l’hydrogène produit lors de la fermentation pour générer du méthane. Le résultat ?

  • Constipation chronique

  • Ballonnements

  • Transit ralenti

  • Douleurs abdominales

Diagnostic : test respiratoire au glucose ou lactulose, avec un pic de méthane ≥10 ppm.

Traitement :

  • Rifaximine seule (20% d’efficacité)

  • Rifaximine + néomycine (jusqu’à 87% d’efficacité)
    L’association est aujourd’hui considérée comme la plus efficace selon les travaux de Pimentel et Low.

Article complet à lire :IMO, causes et traitements


Une seule origine : la dysbiose

Tous ces troubles ont un point commun : un déséquilibre du microbiote intestinal, influencé par :

  • L’alimentation (diète riche en sucres fermentescibles, graisses saturées…)

  • La prise d’antibiotiques

  • Le stress chronique

  • Les maladies métaboliques, auto-immunes ou neurologiques

  • La naissance par césarienne ou l’absence d’allaitement

  • Le vieillissement


Vers une prise en charge personnalisée

L’étude souligne le manque de données cliniques robustes pour de nombreuses formes de dysbiose. Les traitements actuels sont souvent empiriques, avec une forte variabilité d'efficacité.

Ce qu’il faut retenir :

  • SIBO est aujourd’hui la dysbiose la plus étudiée

  • IMO est réel, sous-diagnostiquées, et souvent négligé

  • SIFO encore très controversé car nous n'avons pas de seuil de diagnostic fiable.

  • LIBO reste une hypothèse mais mérite plus d’investigations

  • ISO encore débattue mais semble être associé à des troubles digestifs fonctionnels

  • Chaque forme nécessite une prise en charge individualisée, basée sur le type de micro-organismes impliqués

L'étude ne mentionne pas particulièrement l'ISO qui est une prolifération associée à un excès de sulfure d'hydrogène (Intestinal Sulfide overgrowth) qui pourrait également exister dans le tube digestif comme l'indique cette publication du Dr. Mark Pimentel.


Conclusion

La compréhension des différents types de dysbiose intestinale est en pleine évolution. Les études comme celle de Banaszak et al. sont essentielles pour mieux cerner ces troubles digestifs invisibles. Si vous souffrez de ballonnements, douleurs abdominales, gaz ou troubles chroniques du transit, pensez à l’hypothèse d’une dysbiose : SIBO, IMO, SIFO ou LIBO.

Joris Naturopathe

À propos de l'auteur

Je suis Joris Vanlerberghe, naturopathe spécialisé dans les troubles digestifs et Auteur.

J’accompagne les personnes qui souffrent de troubles fonctionnels intestinaux comme le syndrome de l’intestin irritable (colopathie fonctionnelle), SIBO, IMO, dyspepsie ainsi que les personnes qui souffrent de maladies
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