Hypothyroïdie : un facteur de risque sous-estimé du SIBO ?

  • 14 juil. 2025

Hypothyroïdie : un facteur de risque sous-estimé du SIBO ?

  • Joris Vanlerberghe
  • SIBO
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Une grande étude américaine révèle que l’hypothyroïdie, surtout auto-immune, double à triple le risque de SIBO. Découvrez les résultats et l’effet protecteur de la lévothyroxine.

Peut-on vraiment développer un SIBO à cause de problèmes de thyroïde ?

C’est la question à laquelle une équipe de chercheurs américains vient de répondre, à travers une étude impressionnante menée sur plus de 1,1 million de patients. Et les résultats sont sans appel : les personnes atteintes d’hypothyroïdie, surtout d’origine auto-immune, ont un risque nettement plus élevé de souffrir de SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth), une forme de dysbiose intestinale responsable de nombreux troubles digestifs.

Hypothyroïdie et digestion : quel est le lien ?

L’hypothyroïdie est une maladie dans laquelle la glande thyroïde ne produit pas assez d’hormones. Cela ralentit de nombreux processus dans l’organisme, y compris le transit intestinal.

Résultat ? Une digestion plus lente, une stagnation des aliments dans l’intestin grêle… et un terrain idéal pour la prolifération bactérienne anormale, autrement dit un SIBO.

Le SIBO se manifeste par des ballonnements, des gaz, des douleurs abdominales, de la diarrhée ou de la constipation chronique, et même des carences nutritionnelles.


Une étude géante : plus d’un million de patients analysés

Réalisée par l'hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles, cette étude a utilisé les données médicales de 1,17 million de patients entre 2015 et 2025.

Les chercheurs ont comparé deux groupes :

  • Des patients atteints d’hypothyroïdie (avec ou sans cause auto-immune)

  • Des témoins sans trouble thyroïdien, appariés selon 37 critères médicaux pour être statistiquement comparables

Au total, 488 798 patients avec hypothyroïdie ont été suivis pendant 10 ans, comparés à 488 798 patients contrôles.


Résultats principaux

L’hypothyroïdie double à triple le risque de SIBO

  • Incidence du SIBO après 10 ans :

    • 0,07 % chez les hypothyroïdiens

    • 0,03 % chez les témoins

  • Risque relatif (RR) : 2,20 (IC 95 % : 1,82–2,64 ; p < 0,0001)

Ces données confirment que le risque de développer un SIBO est généralisé chez les personnes hypothyroïdiennes, quel que soit le profil.


En cas de thyroïdite auto-immune (Hashimoto) ?

Les chercheurs ont également isolé un sous-groupe de patients atteints de thyroïdite auto-immune, la forme la plus fréquente d’hypothyroïdie (due à un dérèglement immunitaire).

  • Incidence du SIBO :

    • 0,09 % chez les patients atteints d'Hashimoto

    • 0,04 % chez les témoins

  • Risque relatif : 2,40 (IC 95 % : 1,89–3,04 ; p < 0,0001)

➡️ Cela confirme que les patients avec Hashimoto présentent un risque encore plus élevé de déséquilibre bactérien dans l’intestin grêle.


Le traitement à la lévothyroxine : un effet protecteur ?

Une autre découverte intéressante : le traitement substitutif à la lévothyroxine (hormone thyroïdienne de synthèse) diminue clairement le risque de SIBO :

  • Hypothyroïdie générale :

    • 0,04 % de SIBO chez les patients traités

    • 0,11 % chez les non traités

    • RR = 0,33 (IC 95 % : 0,27–0,42 ; p < 0,0001)

  • Thyroïdite auto-immune :

    • 0,087 % chez les traités

    • 0,11 % chez les non traités

    • RR = 0,78 (IC 95 % : 0,63–0,97 ; p = 0,0263)

En d’autres termes : un bon équilibre hormonal permettrait aussi de protéger l’intestin et de prévenir les troubles liés au SIBO.


Une progression lente mais constante du SIBO

Les chercheurs ont aussi suivi les patients sur 10 ans. Les courbes montrent que le risque de SIBO chez les hypothyroïdiens augmente progressivement dans le temps, avec une séparation claire des courbes par rapport aux patients sains dès les premières années.

p < 0,0001 : la différence est hautement significative.


À retenir

  • L’hypothyroïdie multiplie par 2 à 3 le risque de SIBO.

  • Le risque est encore plus élevé en cas de thyroïdite auto-immune.

  • Le traitement par lévothyroxine réduit ce risque, notamment si le diagnostic est précoce.

  • Il est essentiel de surveiller les symptômes digestifs chroniques (ballonnements, gaz, alternance diarrhée/constipation) chez les patients hypothyroïdiens.


Pourquoi c’est important ?

Beaucoup de personnes souffrant d’hypothyroïdie se plaignent de troubles digestifs... sans savoir qu’un SIBO peut en être la cause. Cette étude de référence nous montre qu’il ne faut pas négliger l’impact de la thyroïde sur la santé intestinale.

En cas d’hypothyroïdie et de troubles digestifs persistants, parlez-en à votre médecin ou à un professionnel de santé formé au SIBO.

Référence

Mehravar, S., Wei, M., Leite, G., Barlow, G. M., Rezaie, A., Naji, P., & Pimentel, M. (2025, avril). Hypothyroidism is associated with increased risks of developing small intestinal bacterial overgrowth. Cedars-Sinai Medical Center, Los Angeles, CA, United States.

Ces données sont intéressantes, cohérentes et bien présentées, mais elles doivent être interprétées avec prudence tant qu’elles ne sont pas publiées dans une revue scientifique évaluée par les pairs.
Elles ne constituent pas encore un niveau de preuve officiel (comme une étude randomisée publiée ou une méta-analyse).

Joris Naturopathe

À propos de l'auteur

Je suis Joris Vanlerberghe, naturopathe spécialisé dans les troubles digestifs et Auteur.

J’accompagne les personnes qui souffrent de troubles fonctionnels intestinaux comme le syndrome de l’intestin irritable (colopathie fonctionnelle), SIBO, IMO, dyspepsie ainsi que les personnes qui souffrent de maladies
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1 comment

Quira Rihons5 déc. 2025

Un grand merci pour cet article très instructif sur le rôle de la thyroïde et les approches naturelles pour en prendre soin. En tant que personne attentive à ma santé thyroïdienne, je trouve toujours intéressant de découvrir des pistes complémentaires, comme l’alimentation ou la gestion du stress, qui peuvent faire une réelle différence au quotidien. D’ailleurs, j’ai récemment testé le complément Hypothyr, qui contient des actifs souvent recommandés pour soutenir la fonction thyroïdienne (sélénium, tyrosine, etc.). Bien sûr, cela ne remplace pas un suivi médical ou ostéopathique, mais c’est une option que je trouve rassurante en accompagnement. Merci encore pour ces conseils avisés !

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